Les Années 1990-2000, Une Ere Virtuelle

Années 1990 : simplicité et formes épurées

Internet, l’information en direct, la guerre du golf et la nouvelle économie influencent les années 1990.
La conception assistée par ordinateur, le développement des matériaux composites, les préoccupations de préservation de l’environnement (produits recyclables, allongement de la durée de vie des composants) rendent les objets et mobiliers plus « intelligents », plus « réfléchis» et en adéquation avec les besoins fondamentaux liés à la vie courante.
Le design est moins voyant et revendique la simplicité, les lignes épurées, le galbe et la courbe s’imposent.
Dans le même temps, la médiatisation des designers (ex. Philippe Stark) explose : ils se voient séduits par les grands groupes industriels, les hôtels, les restaurants qui veulent donner une âme, un cachet à leur établissement.

Les Années 80, des Années Electriques

Années 1980 : les années concept

Les années 1980 avec leurs cortèges de catastrophe (sida, Tchernobyl) et un contexte historique mouvementé (chute du mur de Berlin) marquent une transition d’où émergera un style de design plus conceptuel et épuré.
La technologie prend une place importante sur le plan individuel (internet, ordinateur) et fait entrer son époque dans une ère de globalisation.
Apparaît le « design radical » ou « nouveau design » des groupes italiens Studio Alchimia et Memphis.
Des créateurs comme Garouste, Bonetti, Stark, Dubuisson, Szekely et Wilmotte acquièrent une notoriété internationale.
Les objets et meubles sont de l’ordre du concept, de l’idée, du dialogue, et s’éloignent du fonctionnel et du confortable même si la fabrication de modèles aux couleurs vives et aux formes tranchantes continuent de fleurir.

Un Design Alternatif (1973-1981)

Années 1970 : un retour au calme

Les crises pétrolières, l’économie mondiale en faillite, la fin de la crise contestataire sonnent le retour au calme et à la sobriété des formes.
L’arrivée des nouvelles technologies impose un style high-tech ainsi qu’une atmosphère un peu triste et neutre.
Le meuble devient un produit de masse à l’esthétique fade (mobiliers en kit) propagé par l’ouverture de grands magasins (tel l’enseigne Habitat) et la vente par correspondance. Après 1976, avec l’envolée du prix du pétrole et l’émergence des mouvements écologiques, on se tourne vers des valeurs plus sûres comme le bois et les meubles rustiques sont à l’honneur.

Les Années Pop (1958-1972)

Années 1960 : prospérité et révolte

L’économie bat son plein et on assiste à la multiplication des points de vente de design, expositions, ventes de magazines de décoration. Face à l’euphorie de la consommation, la culture pop et sa vague de contestation annonce la rupture avec les formes fonctionnelles. Elle marque une période de création libre et débridée et la prolifération de l’utilisation du plastique, des revêtements de mousse, des couleurs vives.
L’humour et la dérision se côtoient dans un mobilier qui entend s’adapter au corps et à un mode de vie communautaire (fauteuils moulés sur le corps humain, canapés au ras du sol).

Le Design Contemporain (1939-1958)

Années 1940 : la poussée des modernistes et des anciens

La France affaiblie par la guerre et la pénurie de matières premières passe le relai de la production de meubles à d’autres pays dont les USA où le mot « design » devint un usage courant.
Les émigrés du Bauhaus aux USA dans les années 1930 travaillent déjà sur des matériaux nouveaux : contreplaqué cintré, plastique moulé, caoutchouc.
La France est partagée par les nostalgiques du passé et des meubles uniques et les modernistes. Le mot « design » fait son apparition mais reste confus.

Expositions clés :
1937 : exposition universelle des arts & techniques, Paris, France
1939 : exposition du monde de demain, New-York, USA

Années 1950 : les débuts de la société de consommation

Les années d’après-guerre sont marquées par le baby-boom et la prospérité des ménages. Les foyers s’équipent d’appareils électroménagers, de la radio, de la télévision et la salle à manger devient le « living-room ». Les créateurs se penchent sur un nouvel art d’habiter, plus humaniste et convivial.
Aux USA, la fabrication de meubles en petites séries chez Hermann Miller et Knoll contribue à l’expansion du design. Le style 1950 affiche une ligne sobre et dépouillée, des surfaces planes aux formes octogonales. Les techniques de fabrication comme le moulage donnent naissance à un mobilier modulable et fonctionnel.

1955 : fondation de l’école d’ULM qui reprend les préceptes du Bauhaus

L’Invention du Design (1914-1939)

Années 1920 : les années folles

C’est en 1920 que le « design » apparaît véritablement : un style aux lignes simples et géométriques qui se heurte à l’art nouveau, considéré trop baroque.
Le monde fait son entrée dans l’ère de l’industrialisation avec du mobilier créé en série, la production de masse d’un art ménager, l’émergence de l’école du Bauhaus en Allemagne.
Ce temps est aussi celui du début de la décoration intérieure avec des meubles de luxe aux matières nobles (l’ébène gainé de parchemin ou le citronnier avec incrustation de filets en laiton et palissandre) et un créateur célèbre : Ruhlmann.
On connaît également Jourdain et Chareau avec un mobilier plus moderniste et architectural.

Expositions clés :
1925 : Pavillon de l’esprit nouveau, Paris, France (expositions internationales des arts décoratifs et industriels modernes).
1926 : Premier salon des arts ménagers à Paris, France.

Années 1930 : les années art déco

Les années 1930 sont marquées par la généralisation de l’électricité et l’art déco dont le style épuré est caractérisé par une géométrisation cubiste et par le caractère architectural du dessin. Le mobilier art déco s’impose dans les appartements comme un élément raffiné et élégant. Parallèlement, le mouvement d’avant-garde continue sa percée ; les prototypes déjà créés quelques années auparavant sont produits en petites séries (particulièrement les meubles en métal et cuir).

Dates clés :
1929 : création de l’UAM (Union des artistes modernes) par Le Corbusier, qui contribuera à asseoir sa notoriété.
1930 : New Bauhaus

Ecoles du Design

Le Bauhaus (Allemagne) – 1919

Fondé en avril 1919, par Walter Gropius, qui réalisa la fusion de l’académie des beaux-arts et de l’école des arts décoratifs de Weimar. L’objectif visé consistait à engager « une collaboration entre l’artiste, l’industriel et le technicien qui, organisée en conservant l’esprit de l’époque, pourrait être en mesure de remplacer les facteurs de l’ancien travail individuel ». Un tournant décisif dans l’histoire de l’art et du design qui introduira un changement des mentalités et favorisera la création de formes inédites plus adaptées aux réalités et à l’esprit des temps modernes.

Le New Bauhaus (USA) – 1937

Face à la montée de la droite nazie en Allemagne, l’école du Bauhaus est remise en question et fut contrainte de déménager plusieurs fois. En 1925, à Dessau, puis à Berlin en 1931 jusqu’à ce qu’elle soit définitivement fermée par les forces de l’ordre le 11 avril 1933. Le Bauhaus renaîtra outre-Atlantique en 1937 et il ouvre ses portes à Chicago soutenu par l’association locale des arts et industries. Cependant, l’esprit n’est plus tout à fait le même et son directeur, Moholy-Nagy, en conflit avec ses sponsors, voulant redonner sa première place à l’expérimentation, fonde la « School of Design » en 1933 qui deviendra en 1944 « l’Institute of Design ». Ces établissements auront une grande influence auprès de la nouvelle génération d’architectes et de designers américains.

Ecole d’ULM (Allemagne) – 1947

Cette école privée d’arts appliqués (la Hochschule Für Gestaltung d’ULM) inaugurée en 1955 et dirigée au départ par Max Bill, ancien élève du Bauhaus, a marqué l’histoire du design. Au cours des années, l’enseignement se dirige vers le design industriel à la pointe des avancées scientifiques, technologiques et en phase avec les nouveaux modes de fabrication et de distribution. A ce titre, la collaboration entre Hans Gugelot, responsable du département du design-produit de l’école, et la marque d’appareils ménagers Braun reste exemplaire de l’esthétique sobre et fonctionnelle qui a fait le succès de la marque.

Domus Academy (Milan) – 1983

Andrea Branzi crée la Domus Academy en 1983 à Milan. Cette école, lieu de réflexion et de débats, attire les meilleurs concepteurs et les étudiants motivés venus du monde entier. Richard Sapper, Ettore Sotsass, Achille Castiglioni y dispensent un enseignement qui défend

Histoire des matériaux

1920

Marqueterie frisage en losange
Ornements : vasques fleuries, médaillons avec fleurs ou motifs géométriques
Pieds en fuseau, en lotus, à pans coupés ou cannelés
Gainage de cuir, de parchemin ou de galuchat

1930

Bois laqué
Recherche de bois précieux et mise en valeur de leurs motifs naturels
Retour de l’ébène
Métal et verre

1940

Contreplaqué
Piètement en bois
Le rotin
Le linoléum
Placage de bois précieux (sycomore, acajou, ébène, palissandre)
Incrustations de cuivre, de nacre et d’ébène
Les bagues et sabots en bronze

1950

La structure monocoque en plastique ou en bois lamellé moulé
Le piètement en tube d’acier
Le formica et les stratifiés
Les plastiques

1960

La ligne courbe
Les formes molles
Les mousses alvéolées
Le latex
Le jersey élastique
Les couleurs vives

1970

Conception en bloc
Le pin
Tube et toile
Altuglas
Couleurs : orange et marron

1980

Lignes en zigzag
Revêtements mouchetés, imprimés
-
Eclats de miroirs, fragments d’objets
Bois laqué

1990

Retour de la courbe
Translucidité
Couleurs acidulés
Aluminium
Polypropylène moulé
Matériaux composites ou « intelligents »

Source : designmust